Numéro en cours : #1 Le temps qui nous fait
Semestriel – Hiver 2011/2012 – 7 euros – 52 pages – En librairie et sur abonnement

Les agendas sont pleins à craquer, le travail s’intensifie, les écrits sont toujours plus vite périmés mais les tomates, elles, peuvent bien rester trois semaines dans le frigo. Va-t’en comprendre dans quels temps on vit. Partout on nous vend de l’éternité, mais jamais le capitalisme n’a été aussi myope, aussi court-termiste : les licenciements et les désastres d’aujourd’hui font les profits de demain et la misère d’après-demain. C’est donc le rapport au temps lui-même qui est bouleversé par notre civilisation, et qui doit être interrogé à présent. Nos allures de vie et le besoin de les accorder ont surgi en politique grâce aux écologistes, du « On arrête tout » de L’An 01 à Bernard Charbonneau et Serge Moscovici. Il s’agit maintenant de continuer à être à contre-temps, de ne pas se faire emporter par l’immédiateté et par son corollaire, l’obsolescence. Et de reprendre la maîtrise de nos rythmes.
Japon : Atom for Peace ?
Après l’accident de Fukushima, le gouvernement japonais se réfugiait ce printemps derrière une phrase symbolique et symptomatique : « Le niveau radioactif actuel n’a pas d’effet négatif immédiat sur la santé ».
Ce qui ressemble à une négation des effets de l’irradiation interne est plutôt un jeu macabre autour du mot immédiat. Le gouvernement essaie de minimiser les dégâts de la contamination pour ne pas devoir déplacer deux millions de personnes vivant dans la région de Fukushima.
Autour de trois moments de l’histoire de l’écologie
Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010, 12 €
Jean-Paul Deléage, Une histoire de l’écologie, Seuil, 1991, 7,95 €
Fairfield Osborn, La Planète au pillage (1948), rééd. Actes Sud, 2008, 8,50 €
Les années 2000, au moins jusqu’à ce vendredi 11 mars 2011 qui a réveillé d’autres angoisses, ont vu le changement climatique s’installer au centre des préoccupations environnementales. Peut-être aux dépens d’autres thématiques, comme l’érosion des sols ou la crise de la biodiversité, auxquelles d’autres époques ont prêté une oreille plus attentive. L’écologie aussi connaît des modes.
Les écolos peuvent-ils prendre le temps d’aller vite ?
« L’utilité marginale d’une augmentation de vitesse, accessible à un petit nombre de gens, a pour prix la croissante désutilité de la vitesse pour la majorité. (…) Il se crée une hiérarchie des destinations accessibles selon la vitesse qu’on est susceptible d’atteindre et chaque catégorie de destination définit une classe correspondante d’usagers. (…) En outre, chaque nouveau réseau a pour effet la dégradation des réseaux de moindre vitesse et chaque dépassement d’un seuil de vitesse augmente d’autant la fraction du temps social dévolue aux déplacements. »

