N°2 : L’écologie contre le peuple ?

Alors que les riches détruisent la planète et que le capitalisme a organisé la commercialisation et l’industrialisation systématiques de nos pratiques quotidiennes, de brillants esprits nous expliquent que l’écologie politique est nécessairement réservée à une poignée de nanti·e·s, à une classe ne se souciant plus des questions sociales, à une élite intellectuelle capable de se projeter au-delà des simples satisfactions immédiates. Si ce discours semble corroboré par la sociologie électorale des partis écologistes, dans quel mesure n’est-il pas aussi une construction sociale maintenant la domination de l’élite productiviste ?

Les écologistes trahissent-ils le peuple, en lui refusant l’accès aux loisirs et à la consommation ? Le détournent-ils de ses luttes ? La promotion de la sobriété est-elle une manœuvre cynique visant à lui faire renoncer au progrès social et économique ? Quelle est la décence du discours écologiste face à la pauvreté ?

Pour nous, la déconstruction de ce discours semble un préalable indispensable à l’émergence d’un projet politique écologiste réellement collectif et partagé par tou·te·s. Il ne s’agit pas de construire une énième « convergence des luttes » mais bien de souligner la concordance des combats pour l’égalité, la justice et la durabilité de notre société.

Interventions visuelles

Suzanne Husky, « Modernes vies sauvages »

Colloghan pour la page centrale

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