Boîte à outils : Objectif résilience

, par Florence Gibert

Qu’ils et elles soient acteurs et actrices du développement, de la prévention des catastrophes, de l’adaptation au changement climatique ou des Villes en Transition, ils et elles n’ont que ce mot à la bouche : la résilience. Késako ? Le mot vient des sciences physiques et a été repris par de nombreuses disciplines, dont l’écologie et la psychologie. Pour le dire vite, la résilience est la capacité à supporter et à retrouver un fonctionnement normal après un choc. Appliquée aux communautés humaines, elle est la capacité à éviter les crises et, en cas de crise, à préserver ses fonctions de base et ses structures essentielles.

La résilience est le premier outil de votre boîte, en ce qu’elle aide à prioriser les changements à effectuer pour avoir un mode de vie plus durable. C’est l’outil pour choisir les autres outils, en quelque sorte. Quel rapport entre résilience et durabilité ? La résilience intègre la durabilité en ce qu’un mode de vie résilient est nécessairement durable – ou il n’est pas résilient (comme étant vulnérable à la raréfaction des ressources naturelles).

Vis-à-vis de quels risques souhaite-t-on être résilient ? La liste peut être aussi longue que facile à dresser : le changement climatique, la fin prochaine de l’énergie abondante et bon marché, les diverses catastrophes naturelles, les crises économiques, les risques sanitaires, la raréfaction des ressources naturelles… On associe communément résilience et vulnérabilité : cherchez ce à quoi votre communauté est vulnérable et vous saurez ce à quoi vous souhaitez être résilient. La société industrialisée, par exemple, est très vulnérable à une coupure d’électricité ou à un choc pétrolier.

Pour rendre votre communauté plus résiliente, une méthode peut être de faire un diagnostic de situation en listant ses besoins fondamentaux (en nourriture, eau, énergie, habitat, matériaux, etc.) et en observant comment ceux-ci sont remplis : localement ou à distance ? avec quelle diversité de solutions, de sources d’approvisionnement, de techniques utilisées ? On peut ensuite facilement imaginer les risques : plus la réponse aux besoins est unique, lointaine, technique, coûteuse, et plus on est vulnérable à une défaillance, une rupture d’approvisionnement, une panne qu’on ne sait pas réparer, une montée des coûts, etc. A l’inverse, plus le besoin est rempli localement, par une diversité de solutions, avec des techniques qu’on maîtrise, etc. et plus on est résilient.

Selon les risques identifiés, vous pourrez choisir d’orienter votre action plus vers la production alimentaire ou énergétique, la réappropriation de savoirs, le tissage d’un réseau de solidarité, etc. Voilà : un but est fixé, vous pouvez choisir à présent un autre outil pour votre construction d’un mode de vie plus autonome et durable.

 

(1) Une autre méthode peut être d’utiliser les critères de résilience retenus par un groupe travaillant sur la résilience urbaine. Il faut que les moyens de répondre à un besoin soit diversifiés (p. ex. diverses sources d’approvisionnement en nourriture) ; organisés avec redondance (c’est-à-dire en réseau distribué ; p. ex. plusieurs lieux de production de l’électricité) ; et modularité (le système continue à fonctionner malgré la défaillance d’un élément). Il faut que la collectivité soit réceptive au feedback , pour connaître rapidement les changements de situation, et qu’elle ait la capacité de s’adapter à ces changements. Il faut enfin que l’environnement naturel soit intégré, à la fois pour permettre de répondre aux besoins et pour éviter les risques de catastrophes. http://www.resilientcity.org

(2) Augmenter sa résilience passe ainsi souvent par une relocalisation de la production et une réappropriation des compétences. C’est ce que prône le mouvement des Villes en Transition. La dimension de la solidarité est alors importante à intégrer pour ne pas tomber dans une recherche d’autosuffisance. Il faut définir l’échelle de sa résilience : la recherche-t-on pour sa communauté, sa ville, son territoire ?