Chronique d'une arrestation annoncée

, par Une petite main à molette

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Le 10 février, RTE procède à l’abattage de chênes centenaires à Saint Martin d’Aubigny (50), sous haute protection gendarmesque. Marais sous tension met alors la pression sur la maire de la commune. « Elle a accepté les subsides de RTE après avoir pris un arrêté contre la ligne Cotentin-Maine. On voit bien ici la différence entre prendre un arrêté et en assurer l’application sur sa commune. » En fait, la mairie renvoie la balle à la Préfecture sans prendre les responsabilités que souhaiteraient les anti-THT. Le 13 mars, alors que la préfecture se réveille à peine de son échec à empêcher le déboulonnage public du 11 mars à Villedieu, Marais sous tension annonce son intention de rééditer la manœuvre le dimanche suivant sur la commune de Saint Martin d’Aubigny « pour faire appliquer elle-même l’arrêté municipal et empêcher le caractère intangible de la construction ». La Préfecture répond par voie de presse le 15 mars : « La compétence en matière de distribution d’énergie électrique […] relève du pouvoir réglementaire des ministres intéressés  », menaçant les déboulonneurs de pylônes de sanctions.

Cela n’empêche pas les anti-THT d’organiser un déboulonnage public d’un pylône le 18 mars, comme ceux qui se multiplient depuis le début de l’année pour empêcher l’implantation de la ligne THT. Environ soixante-dix personnes répondent à l’appel public de Marais sous tension . Huit entreprennent de déboulonner au grand jour et à visage découvert. Parmi eux, Michel Houssin le président de l’association locale Marais sous tension . Seules deux issues semblent possibles : soit le déboulonnage continue sans encombre, renforçant la résistance dans sa capacité à agir sans être inquiétée, soit une arrestation intervient, mettant sous des projecteurs plus puissants cette résistance locale que tente de minimiser RTE. Après une concertation téléphonique des forces de l’ordre avec le préfet et le procureur de la République, la décision est prise : l’arrestation ciblée du président de Marais sous tension pour dégradation, lequel est ensuite transféré dans les locaux de la gendarmerie de Coutances pour être entendu pendant plusieurs heures. « Cette arrestation interviennent comme l’aboutissement d’un bras de fer entre un préfet et un agriculteur vu comme un meneur que l’appareil répressif de l’État doit faire taire avec des sanctions pénales. » Son procès a eu lieu le 19 juin dernier, une rampe de lancement des temps forts contre la ligne THT de la fin juin.