« Désenclaver »

Verbe transitif direct, apparu à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Signifie alors l’action de rompre, par la route ou le chemin de fer, l’isolement d’une partie du territoire qui était jusqu’alors enclavée (d’ inclavare , « fermé avec une clé »).

Alors que la France se couvre progressivement du million de kilomètres de routes et des 30 000 km de voies ferrées actuelles, que chaque lieu habité du territoire est rendu facilement accessible en voiture ou en train, le mot perd progressivement son sens initial.

Désenclaver signifie aujourd’hui l’action qui permet de faire accéder plus vite à la capitale (Paris) depuis un point quelconque. Exemples : « la ligne à grande vitesse doit désenclaver Toulouse » ; « il faut désenclaver la Bretagne ».

Par extension, sont considérés comme enclavés, et donc à désenclaver, tous les territoires (et leurs habitant·e·s) non équipés d’une ou de plusieurs infrastructure(s) de transport rapide (autoroute, ligne à grande vitesse, aéroport). A donné (début XXIe) « nous étions tellement enclavé·e·s ! », « se faire désenclaver », et plus récemment « allez tou·te·s vous faire enclaver ! » (vulg.).

Le Robert des aménageurs (2013) et la rédaction.