Du haut des arbres aux pieds des pylônes

, par Une petite main à molette

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Envisagée depuis le début de l’année, c’est début mars que s’est accélérée l’occupation du bois du Chefresne par les militants anti-THT à la demande de son propriétaire, qui n’est autre que le maire de la commune. « Nous nous sommes accroché

·e· s aux branches pour empêcher l’abattage par RTE d’une soixantaine de peupliers à l’aplomb de la ligne THT, entre les pylônes 224 et 225. » Le lobby nucléaire n’a guère apprécié puisque RTE était engagé dans une course contre la montre, l’abattage des arbres étant proscrit à partir du 1er avril en application du code rural. RTE fait donc rouvrir, entre le 5 et le 13 mars, des enquêtes publiques parcellaires pour les terrains concernés par un refus des propriétaires, avant d’obtenir un arrêté permettant de déroger aux lois relatives à la conservation des espèces protégées. « Nul doute que la nidification des oiseaux sauvages n’est pas un barrage pour RTE. Pourtant, il leur fallait bien essayer d’exécuter ces travaux dans la période légalement impartie. » Les anti-THT n’ont pas dit leur dernier mot.

L’occupation est devenue confrontation le 29 mars quand des élagueurs sont venus, accompagnés par 80 gardes mobiles, pour abattre les arbres. Mais là encore, ils ont trouvé sur leur chemin ceux et celles, locaux et moins locaux, venu

·e·s la veille protéger le petit bois. « Face à notre détermination et à l’affluence continuelle arrivant au fur et à mesure que se propageait l’alerte, ils ont été contraints à rebrousser chemin. » Les gendarmes mobiles se sont alors contentés d’accompagner les géomètres chez le voisin pour marquer l’emplacement des deux pylônes les plus proche... avant d’être mis en déroute par ledit voisin venu avec sa tonne à lisier faire le ménage dans ses prés. Du coup, les élagueurs qui ont voulu le lendemain poursuivre leur travail sur la commune voisine de Montabot ont rencontré là aussi une résistance redoublée grâce au nombre de personnes présentes pour protéger le petit bois. « Les deux jours suivantes furent l’objet de coups de projecteurs matinaux de la part des gendarmes, sans doute pour vérifier l’état de nos forces sur le terrain... avant le retour à un calme relatif et sous surveillance. »

Les chantiers continuent d’avancer tout le long du tracé sauf ici, au Chefresne où la résistance tient bon. Une première victoire en somme pour les anti-THT. « Aujourd’hui, l’enjeu est bien évidemment de maintenir vierge de tous travaux la commune du Chefresne mais aussi et surtout de montrer que cette résistance paie... et qu’elle peut payer dans d’autres lieux où il est encore temps de renverser la vapeur en commençant dès à présent le démantèlement de la ligne non achevée. » Depuis, cette résistance a focalisé une certaine attention et tout le mois d’avril a vu défiler riverain
·e·s et militant
·e·s de tout le tracé, mais aussi différent
·e·s acteurs et actrices de la lutte antinucléaire d’ici et d’ailleurs, sans oublier des candidat
·e·s aux élections, période électorale oblige.