Autour de trois moments de l’histoire de l’écologie
Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010, 12 €
Jean-Paul Deléage, Une histoire de l’écologie, Seuil, 1991, 7,95 €
Fairfield Osborn, La Planète au pillage (1948), rééd. Actes Sud, 2008, 8,50 €
Les années 2000, au moins jusqu’à ce vendredi 11 mars 2011 qui a réveillé d’autres angoisses, ont vu le changement climatique s’installer au centre des préoccupations environnementales. Peut-être aux dépens d’autres thématiques, comme l’érosion des sols ou la crise de la biodiversité, auxquelles d’autres époques ont prêté une oreille plus attentive. L’écologie aussi connaît des modes.
Mathias Roux, J’ai demandé un rapport. La politique est-elle une affaire d’experts ?
Flammarion, 2011, 120 pages, 8 €
Jacques Ellul (1965), L’Illusion politique, réédition La Table ronde, 2004, 10 € (épuisée)
On a pu résumer la technique comme la recherche systématique d’efficacité, le one best way ou meilleure (et unique) manière de procéder. S’il n’y a plus qu’une option, il n’y a plus de politique. C’était le rêve de la cybernétique : entrez vos données, appuyez sur le bouton et l’ordinateur génère pour vous de la décision publique. Plus besoin de faire appel au peuple, quant aux données elles seront produites de manière professionnelle. C’est de ce déplacement de la politique, du domaine de la chose publique à celui de l’expertise, qu’examine Mathias Roux. D’abord un rêve : que le peuple a disparu de l’arène politique, que ses défauts intrinsèques (la passion, la méconnaissance des questions en jeu, le fait même d’être juge de ce qui le concerne, non mais alors !) l’ont définitivement discrédité. Démocratie = populisme = fascisme. Du côté des élites autoproclamées au contraire, on flirte de très près avec la vérité, d’où une légitimité bien plus grande à gouverner, symbolisée par un Jacques Attali qui ne consent à livrer un rapport « pour la libération de la croissance » qu’avec l’assurance que les mesures qu’il accumule seront traduites immédiatement en action publique. Immédiatement, c’est à dire sans méditation, sans examen de ces propositions dans la balance politique.
Trois livres pour une écologie de gauche
Geneviève Azam, Le Temps du monde fin. Vers l’après-capitalisme, Les Liens qui libèrent, 2010, 222 pages, 18 €
Aurélien Bernier, Michel Marchand et le M’PEP, Ne soyons pas des écologistes benêts. Pour un protectionnisme écologique et social, Mille et une nuits, 2010, 128 pages, 3,50 €
John Bellamy Foster, Marx écologiste, Amsterdam, 2011, 133 p., 12 €
Sont parus à quelques mois d’intervalle deux livres portant la même ambition de conjuguer « écologie » et « altermondialisme » (pour les deux notions, les guillemets s’imposent évidemment, tant elles peuvent être vagues et imprécises). Geneviève Azam est responsable du pôle écologie à ATTAC. Aurélien Bernier et Michel Marchand participent au M’PEP (Mouvement Politique d’Éducation Populaire), organisation issue la crise démocratique qu’à connue ATTAC en 2008. Ce sont donc en quelque sorte les deux sœurs ennemies de l’altermondialisme français qui expriment aujourd’hui leurs position par rapport aux questions environnementales fondamentales.

