Les écolos peuvent-ils prendre le temps d’aller vite ?
« L’utilité marginale d’une augmentation de vitesse, accessible à un petit nombre de gens, a pour prix la croissante désutilité de la vitesse pour la majorité. (…) Il se crée une hiérarchie des destinations accessibles selon la vitesse qu’on est susceptible d’atteindre et chaque catégorie de destination définit une classe correspondante d’usagers. (…) En outre, chaque nouveau réseau a pour effet la dégradation des réseaux de moindre vitesse et chaque dépassement d’un seuil de vitesse augmente d’autant la fraction du temps social dévolue aux déplacements. »
Lyon-Turin, les No-TAV tiennent la vallée
Un reportage de Mikaël Chambru
« Nous voulons libérer le territoire et le monde de la haute vitesse, d’un chantier inutile et dévastateur, d’une œuvre pharaonique, fille d’un modèle de développement énergivore et démesuré du vieux monde ». Cela fait maintenant vingt ans que les habitants du Val de Suse luttent contre le projet de nouvelle liaison ferroviaire alpine, via du fret de marchandises et une ligne grande vitesse voyageurs, entre Lyon-Turin, le TAV (treno alta velocità). Né d’abord d’une inquiétude du devenir de leur commune ou de leur maison située sur le tracé, le mouvement No-Tav ne veut aujourd’hui d’un Lyon-Turin ni ici ni ailleurs. « Nous ne voulons plus des transports inutiles de marchandises et du système de production actuel qui l’accompagne. Nous exigeons au contraire la rénovation des voies existantes et la réouvertures des petites gares, pour le bien commun ». En 2005, la population locale était parvenue à faire suspendre pour plusieurs années les chantiers… jusqu’au début de l’année 2011.

