Agroécologie : la nouvelle agriculture miracle ?
Depuis quelques années, de plus en plus d’organisations, voire d’institutions (1), adoptent le terme d’agroécologie pour désigner des alternatives au système agro-industriel dominant. Présenté comme novateur, ce terme séduisant sous-entend pourtant l’inefficacité des alternatives antérieures (ce qui est abusif et désobligeant pour leurs promoteurs), et sa polysémie le rend facilement récupérable par le système qu’il entend dénoncer. Il pourrait ainsi se muer insidieusement en arme contre l’agriculture biologique, alors qu’il en est initialement un rejeton.
Le temps des femmes
Ces dernières années, des enquêtes nombreuses ont mis en évidence la répartition encore fortement déséquilibrée des différents temps entre les hommes et les femmes, a fortiori lorsque ceux-ci sont parents. Grossièrement, les hommes passent plus de temps au travail et dans les loisirs, et les femmes dans les activités domestiques et familiales (1).
Ces investissements temporels différents doivent, certes, être précisés selon la situation familiale (l’écart entre hommes et femmes est plus grand en présence d’enfants et surtout de jeunes enfants), mais aussi selon le niveau de revenu et de diplôme : plus leur niveau de diplôme est élevé, plus les femmes travaillent, ont des enfants tard, interrompent moins leur carrière et vivent avec des partenaires avec lesquels les responsabilités sont mieux partagées (2).
Rien ne sert de courir sur un tapis roulant
par Olivier Merly
Dans son ouvrage Accélération (1), fruit d’une approche originale et critique de la question du temps dans nos sociétés « modernes », Hartmut Rosa tente de tirer au clair le paradoxe qui veut que plus nous perfectionnons nos outils techniques, nos processus de production, nos moyens de communication, et plus nous changeons avec eux, plus nous nous trouvons pris par ce sentiment diffus et partagé de manquer de temps.



